Joëlle Cuvilliez lors de l’épisode 2 consacré au chemin intérieur et à ses 29 étapes de marche seule
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Joëlle Cuvilliez : Buen Camino, un livre entre marche et introspection

NALOWS — Saison 2, épisode 2 : Joëlle Cuvilliez — le chemin qui mène ailleurs

Dans ce deuxième épisode, l’autrice raconte comment un défi physique s’est transformé en expérience intérieure.

Dans ce deuxième épisode, l’auteure aborde l’influence des kilomètres parcourus et du silence qui favorise la contemplation, évoquant les émotions suscitées par un voyage prolongé effectué seul.
Joëlle Cuvilliez s’est lancée dans un voyage de 29 étapes à travers un pays étranger, à pied. Au départ, elle ne cherchait pas de révélation personnelle ou de réponse philosophique, mais plutôt une expérience, une preuve de sa résilience et la découverte de nouveaux paysages. Cependant, au fil des jours, cette expérience s’est révélée bien plus profonde qu’elle ne l’avait imaginé.

 

Couverture du livre Buen Camino de Joëlle Cuvilliez

Les récits passionnants des voyages de Joëlle Cuvilliez sont à découvrir dans ce livre, Buen Camino, publié aux Éditions Douro, dans la collection Littéralités, dirigée par Norma Alonzo.

Un projet simple devenu plus profond

Joëlle Cuvilliez explique que son intention initiale était claire. Elle voulait accomplir ce parcours pour le plaisir de le faire et pour vérifier qu’elle en était capable. Le défi était avant tout physique et logistique : marcher chaque jour, gérer les étapes, avancer seule dans un environnement inconnu.

Cependant, au fil du temps, l’expérience du voyage s’est transformée. La routine des journées de marche a progressivement fait évoluer l’essence de l’expédition.

Après avoir passé plusieurs heures sur les sentiers, une interrogation a surgi : « Suis-je une bonne personne pour moi-même ? »

Quand la solitude oblige à se rencontrer

Marcher seule huit heures par jour crée une situation particulière. Sans échanges permanents, sans distractions habituelles, le dialogue intérieur devient plus présent. Joëlle Cuvilliez raconte que cette solitude a bousculé certaines certitudes et l’a amenée à poser des questions qu’elle ne se posait pas dans la vie quotidienne.

Elle compare cette expérience aux voyages réalisés à plusieurs. Entre amis, en couple ou en famille, chacun doit tenir compte du rythme des autres, accepter des compromis et adapter ses choix.

Partir seule change totalement la dynamique.

La liberté est plus grande, mais cela signifie aussi que l’on doit faire face à des difficultés seul. Il faut prendre des décisions seul, gérer ses moments de fatigue et trouver en soi-même la force de poursuivre.

Une expérience émotionnelle

Joëlle Cuvilliez décrit la marche comme une suite d’états internes parfois contradictoires. Plusieurs émotions peuvent émerger, telles que la joie, le découragement et les doutes, avant de retrouver la détermination pour continuer.

Elle décrit une palette émotionnelle variée, où la fatigue physique est présente au début et où le doute peut survenir lors de sentiers ardus. Cependant, petit à petit, un processus de transformation s’opère : le corps se fortifie, l’effort devient plus fluide et l’esprit acquiert également une plus grande constance.

Le corps s’améliore et l’esprit se structure

Tout au long de son expérience, Joëlle Cuvilliez constate que la marche régulière a un impact sur ses pensées. Le mouvement répété des pas crée une sorte de cadre interne. Ses réflexions deviennent plus nettes, ses préoccupations s’allègent, ce qui était auparavant flou devient plus compréhensible.

Cette prise de conscience lui a permis de réaliser qu’elle pouvait se fier à elle-même face à la fatigue, au doute et aux imprévus.

Que du bonheur

Selon elle, le point de bascule n’est pas un moment spectaculaire, mais plutôt un processus graduel. Le voyage ne fait pas disparaître les épreuves, mais il modifie notre façon de les aborder.

Au terme de l’aventure, une émotion prédomine toutes les autres : l’optimisme. Joëlle Cuvilliez évoque également la joie et le désir d’être présent, des sentiments qui finissent par s’enraciner profondément.

Le périple physique prend fin un jour. Cependant, les révélations introspectives qu’elle a suscitées persistent bien au-delà du retour.

Conception, réalisation : Norma Alonzo — Production : Words and Pictures Television

Crédit photo : Joëlle Cuvilliez